JOURNAL DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A HULL
(Volume 10, numéro 9 le 17 mai 1999 )


Inforoute - L'UQO prend sa vitesse de croisière

Plan directeur des TIC - La formation au centre des priorités du développement technologique

Les TIC, outils pédagogiques ? Deux professeurs témoignent

L'infirmière et la santé : un site à découvir

Une réalisation scientifique d'ici qui devient une percée mondiale majeure

Le Deuil - Pour comprendre et apprivoiser la souffrance liée à la mort

Yao Assogba rapporte une tranche de l'histoire de l'Afrique contemporaine

Boursier de l'Ordre des CMA

L'UQO deuxième au concours d'excellence interuniversitaire

Dernière heure

La pensée du mois...

«Science sans conscience n'est que ruine de l'âme», de François Rabelais.

L'UQO et le virage technologique

À l'aube du XXIe siècle, les nouvelles technologies de l'information et des communications (TIC) prennent de plus en plus de place dans notre quotidien. Mondialisation des échanges aidant, les domaines d'application de ces nouvelles technologies se multiplient sans cesse. Mais qu'en est-il du secteur de l'éducation, particulièrement du milieu universitaire?

À l'Université du Québec à Hull, le virage vers les TIC est bel et bien pris. La machine semble être bien engagée sur la voie de l'Inforoute. 

 

Inforoute

L'UQO prend sa vitesse de croisière

«Nous perdons peu à peu la résistance au changement rencontrée au départ face à l'implantation de nouvelles approches liées à l'utilisation des technologies de l'information et des communications (TIC). L'intégration se fait de façon concertée, chacun réalisant l'importance grandissante que prennent ces technologies.» 

Monique Légère, la directrice de la bibliothèque de l'Université du Québec à Hull, sait bien de quoi elle parle. Depuis un an, elle préside le comité de direction du site Web de l'UQO. Ce groupe s'est vu confier la délicate mais nécessaire tâche de doter l'UQO de la porte d'entrée virtuelle la plus adéquate possible, contribuant ainsi au virage technologique de l'Université.

Monique Légère et les cinq autres membres du comité, soit Réal Croteau, Richard Bérubé, Thierry Karsenti, Denis Laforte et Michel Lapointe, se sont attaqués avec beaucoup de conviction à leur mandat et les efforts portent fruits. Aux dires de Mme Légère, l'UQO a accompli des pas de géant au cours des six derniers mois.

Tous les secteurs sollicités

Le site Web de l'UQO a été créé en 1996. Pour favoriser le meilleur rayonnement possible de l'université en Outaouais, cette vitrine ouverte sur le monde se doit d'être la plus représentative de ce qui se fait à l'UQO. Le comité directeur du site Web s'est donc associé aux différents départements et modules pour susciter des initiatives sectorielles pouvant se greffer au site principal de l'Université.

Une opération qui a, au cours des six derniers mois, notamment amené la Chaire de recherche en développement communautaire (CRDC), le Groupe d'étude et de recherhce en intervention sociale (GÉRIS) et la revue Apprentissage et Socialisation, dont la rédaction et la coordination relèvent du Département des sciences de l'éducation, à développer leur page personnalisée. Le Bureau de liaison université-milieu (BLUM) a également remis à jour sa page d'accueil et ses informations diffusées dans l'Internet.

Sans compter, le Département des sciences infirmières qui a non seulement poursuivi ses efforts pour peaufiner sa page personnalisée, mais qui a aussi implanté un nouveau service à la population, L'infirmière et la santé . Dernièrement, le site Web s'est aussi enrichi d'un moteur de recherche par mots-clés et des horaires complets des différents programmes.

Le portrait ne sera complet que si les TIC s'implantent véritablement dans le secteur de la formation académique et de la recherche.

Un nouvel outil d'enseignement :
le serveur de cours ERes

En effet, l'UQO est sur la bonne voie. Grâce au serveur ERes, l'enseignement virtuel devient peu à peu réalité. Quelques professeurs, plus enclins à utiliser davantage les nouvelles technologies, ont joué un rôle catalyseur. Les Thierry Karsenti en éducation, Denis Laforte en administration, Réal Calder en art et design, et Francine DeMontigny en sciences infirmières, pour ne nommer que ceux-là, ont contribué à sensibiliser leurs collègues aux nouvelles approches liées à l'utilisation des TIC dans la construction du savoir.

Le serveur ERes constitue la pierre angulaire du développement technologie dans l'enseignement à l'UQO. ERes est devenu un forum électronique d'échanges et de discussions entre professeurs et étudiants. Par le biais de pages personnalisées, les étudiants peuvent directement et de n'importe où accéder aux informations relatives à chacun des cours inscrits sur le serveur. La panoplie d'opérations qu'on peut y effectuer est variée.

Que ce soit pour les notes de cours, documents de références ou toute autre information pertinente à leurs cours, les professeurs détiennent un moyen rapide de diffusion du support pédagogique, pouvant même initier les étudiants à d'autres sites Web d'intérêt, par l'ajout de simples hyperliens. Une communication directe avec les étudiants est également possible, soit par courriel, le babillard électronique ou encore en organisant une session de cyberbavardage (chat).

Croissance rapide du taux d'utilisation d'ERes

François Petitgrew forme et supporte le personnel enseignant désirant utiliser le serveur de cours ERes, ou toute autre technologie, à des fins pédagogiques. Il constate l'engouement croissant des enseignants et des étudiants pour les technologies de l'information et des communications.

Le système ERes permet actuellement à 51 enseignants, soit 38 professeurs réguliers et 13 chargés de cours, de communiquer électroniquement à travers Internet avec leurs étudiantes et étudiants. Trois services y trouvent aussi une niche, soit la bibliothèque, le service de l'informatique et de l'audiovisuel (qui se partage deux comptes) et le vice-rectorat à l'enseignement et à la recherche.

Dessin du site web

Au total, une centaine de cours disposent donc d'une page personnalisée dans ERes, comprenant plus de 1 300 documents disponibles pour consultation à toute heure du jour ou de la nuit. Quant aux sessions de cyberbavardage, elles se multiplient, variant d'une quarantaine d'échanges pour certains cours à plus de 400 échanges pour d'autres. La phase d'implantation étant pratiquement complétée, François Pettigrew indique que l'adaptation de la pédagogie à ces nouveaux outils deviendra maintenant prioritaire.

«L'introduction de ce nouvel outil implique des changements organisationnels importants. Une culture technologique doit être développée. Le personnel enseignant doit apprendre à faire davantage de place aux TIC dans ses méthodes d'intervention et d'enseignement. Ce sont des outils puissants, offrant de multiples possibilités, mais qui peuvent occasionner leur part de problèmes et nécessitent un solide support institutionnel, tant au niveau pédagogique que technique. Il faut apprendre à gérer adéquatement le flot d'informations que les TIC génèrent», indique-t-il.

Un rythme infernal pour rattraper le retard

«Le milieu universitaire, après quelques années d'apathie, tente de reprendre le terrain perdu», affirme François Pettigrew pour expliquer la somme des énergies investies dans les technologies de l'information et des communications.

L'UQO parvient jusqu'à maintenant à se maintenir dans le peloton de tête. Il explique que si les efforts individuels (comme le cours de Thierry Karsenti) ne sont pas négligés, l'UQO se caractérise davantage, dans ce domaine, par ses efforts pour assurer l'appropriation de la technologie par le plus grand nombre, autant les étudiants que le personnel enseignant. L'université en Outaouais devra sans cesse se renouveler pour suivre le rythme, en maximisant ses ressources.

«C'est sans contredit un défi à la fois collectif et individuel. Il faut être prêt à s'investir, à changer nos façons de faire pour profiter à plein de ce nouveau médium», conclut Monique Légère.


Plan directeur

Plan directeur des TIC
La formation au centre des priorités du développement technologique

Appropriation des technologies par les professeurs, intégration accrue des TIC dans la formation, support et encadrement des professeurs.

Tels sont les trois grands enjeux des prochaines années pour l'UQO en matière de nouvelles technologies, révélés dans le plan directeur des technologies de l'information et des communications 1999-2002 adopté le mois dernier par le conseil d'administration de l'établissement.

«Le rôle des TIC dans la mission même de l'Université, soit la formation, devient de plus en plus stratégique», soutient le plan. L'UQO devra déployer d'importantes ressources, tant humaines que physiques, et faire preuve d'une grande volonté pour suivre le rythme incessant du développement technologique.

Après s'est dotée d'une bonne infrastructure technologique, l'UQO doit maintenant investir dans l'intégration des TIC dans l'enseignement et la recherche avec un but bien défini, soit «l'amélioration de la qualité de la formation par l'accessibilité, l'utilisation et l'appropriation des TIC.»

Denis Dubé, Jean Frenette, Soly Haboucha, Michel Lapointe, Monique Légère, Paul Legris, Jacques Simard et Martin Tousignant ont collaboré à une partie ou à l'ensemble du plan directeur.

Bilan positif pour 1996-1999

Le plan directeur 1999-2002 est le cinquième mis de l'avant par l'université hulloise pour mieux encadrer ses interventions en matière de développement technologique. Le bilan du plan triennal qui se termine cette année est positif.

Depuis 1996, l'UQO est parvenue à investir les ressources financières et humaines requises pour maintenir son infrastructure en informatique et télécommunication qui est, toute proportion gardée, quantitativement et qualitativement comparable à celle des autres universités. Elle a aussi rentabilisé cette infrastructure en se reliant au monde extérieur, faisant ses premiers pas dans l'Internet et la formation à distance grâce notamment à l'introduction du serveur de cours ERes et des salles de vidéoconférence de Hull et Mont-Laurier.

Le défi des années 2000

Le principal enjeu pour l'université en Outaouais s'avère maintenant d'entrer dans le XXIe siècle en s'adaptant aux nouvelles réalités. La rapidité des télécommunications, la puissance et le faible coûts des outils d'enseignement et d'apprentissage, plus puissants que jamais, modifient le milieu dans lequel évolue la communauté universitaire.

C'est pourquoi le secteur de l'enseignement et de la recherche constitue la clé de voûte du plan directeur triennal. La réflexion, amorcée lors du colloque de février 1998, a débouché sur «un plan stratégique d'intégration des technologies de l'information et des communications à la formation», adopté en décembre 1998. Le vice-rectorat à l'enseignement et à la recherche a mené de front cette importante démarche.

Selon l'analyse du VRER, les TIC constituent une force sur laquelle construire, mais leur intégration et leur appropriation par le personnel enseignant sont assez peu développées et fort variables selon les secteurs et les individus.

L'UQO a opté pour une stratégie collective, qui insiste sur l'encadrement et la formation pour l'ensemble des professeurs, chargés de cours et étudiants, mais qui permet tout de même de soutenir et encourager les initiatives individuelles susceptibles d'avoir des retombées positives pour l'ensemble de la communauté universitaire.

Cinq objectifs stratégiques

Pour favoriser l'intégration des TIC dans la formation, cinq objectifs stratégiques ont clairement été établis.

A) Il importe d'offrir «une formation de qualité à tous les étudiants par une exploitation judicieuse des TIC». Pour ce faire, il faut notamment offrir le plus d'informations possible par le biais des TIC;

B) «rendre disponibles les TIC afin d'assurer leur appropriation par les professeurs, les chargés de cours, les étudiants et les personnels» est le second objectif, réalisable en supportant le corps professoral et en assurant la compétence collective des utilisateurs des TIC;

C) le troisième objectif stratégique consiste à «rejoindre, grâce aux TIC, le plus d'étudiants et le plus de personnes possible sur le territoire de l'UQO» en diversifiant l'offre d'activités à distance et en favorisant la réalisation de cours médiatisés;

D) «supporter l'utilisation des TIC en recherche», voilà un autre objectif fondamental visé par un support technique aux professeurs et aux regroupements de recherche et en favorisant la visibilité de la recherche par les TIC;

E) finalement, l'UQO devra «assumer un leadership en matière de TIC» en supportant par exemple des projets pilotes novateurs.

Évidemment, l'équipe du plan directeur souligne qu'il est impératif de conserver un minimum de souplesse dans la réalisation des objectifs, compte tenu du caractère évolutif de la technologie.

Priorités et planification

Quatre priorités ressortent à partir de l'analyse faite des objectifs et du contexte propre à l'UQO : l'intégration des technologies à la formation; l'implantation du nouveau système de la bibliothèque (Manitou); la consolidation du système de gestion académique (GESTA) et l'implantation du nouveau système de gestion administrative (SAP R/3).

Le plan directeur précise que «la capacité financière et humaine de l'UQO de supporter toutes ces initiatives est par contre limitée. (...) Par conséquent, d'autres sources de financement devront être imaginées si l'ensemble des stratégies et projets énumérés (dans le plan) doivent se concrétiser.»

Néanmoins, la place prépondérante que sont appelées à occuper les TIC amène l'UQO à devoir faire des choix cruciaux.

En résumé, l'UQO a un important défi à relever : Elle devra poursuivre sa tradition de mettre l'accent sur les TIC pour accroître sa productivité et assurer sa compétitivité. «Étant une petite université, elle devra faire preuve d'imagination, être plus sélective dans ses priorités et s'approprier le plus rapidement les technologies.»


Les TIC, outils pédagogiques ?
Deux professeurs témoignent

Imaginez, un professeur, assis devant son ordinateur, dispensant sa formation et répondant aux questions à un groupe d'étudiantes et d'étudiants disséminés aux quatre coins du Québec. La classe virtuelle a bel et bien fait son entrée dans les institutions d'enseignement. Déjà certaines universités américaines offrent des programmes entièrement médiatisés dans Internet et l'UQO emboîte le pas. Par exemple,une trentaine de professeurs utilisent le réseau ERes à divers degrés. Voici deux exemples de l'utilisation des TIC à l'UQO.

Thierry Karsenti : apprendre autrement avec un cours virtuel

Thierry Karsenti ne se considère pas comme un pionnier des TIC à l'UQO, «d'autres avant moi ont eu d'excellentes initiatives qui m'ont beaucoup aidé», mais il n'a pas tardé à faire sa marque dans le domaine. Arrivé en Outaouais en 1997, il a, dès son premier cours, demandé à ses étudiants de lui remettre un travail pour courrier électronique. «Sans être un crack de l'informatique, j'ai rapidement intégré les technologies de l'information dans mon enseignement. Mon approche est d'abord et avant tout pédagogique. Nous devons dès maintenant sensibiliser les futurs enseignants à ces nouvelles réalités incontournables», explique le professeur du Département des sciences de l'éducation.

Thierry Karsenti

Répondant à l'appel du comité du site Web pour mousser davantage l'utilisation des TIC dans l'enseignement, il a d'abord introduit le serveur ERes à la rentrée de l'automne 1998, pour ensuite concevoir cet hiver un cours entièrement médiatisé, via le Web, intitulé Initiation à la recherche en éducation au secondaire.

Le site du cours offre des entrevues en son et images avec des experts et un glossaire en hyperliens, sans oublier une démarche d'apprentissage «stratégique» qui permet aux étudiants de mieux apprendre. Au programme, il y a également eu une supervision de stage à distance et des prépartions collectives pour les examens en cyberbavardage (chat).

Prudent et sobre face aux retombées de son projet, Thierry Karsenti indique que «Le fossé entre la classe classique à l'université et la salle de classe virtuelle est considérable. Les étudiants et le professeur sont appelés à s'approprier une nouvelle façon d'apprendre qui demande un effort et un apprentissage importants». La médiatisation d'un cours implique notamment une plus grande autonomie des étudiants dans leur apprentissage, ce que l'école actuelle ne leur apprend pas toujours.

Aujourd'hui, Thierry Karsenti juge l'expérience satisfaisante puisqu'elle met en évidence certains écueils et avantages de l'implantation de cours médiatisés sur le Web. L'engouement des étudiants - certains ayant même consacré jusqu'à 15 heures par semaine au cours - l'a convaincu de poursuivre sur cette voie et de sensibiliser d'autres collègues. «La médiatisation des cours ne s'adresse pas à tous les domaines. Mais les TIC constituent néanmoins un nouvel outil pédagogique qu'on ne pourra plus négliger. Il faut simplement en respecter les limites.»

Le professeur Karsenti écrivait récemment dans les Cahier de la recherche en éducation «qu'il ne faut pas se leurrer et penser qu'il suffit d'appuyer sur la touche RETOUR pour que le tour soit joué. Les périls ou défis de l'aventure d'un cours sur le Web peuvent devenir, dans certains cas, tout aussi évidents que les avantages que les étudiants ont à en retirer».

Denyse Côté : une auto-productrice face au virage technologique

Denyse Côté, du Département de travail social, avoue se sentir quelque peu ambivalente à l'égard des technologies de l'information et des communications (TIC). Contrairement à son confrère Thierry Karsenti, la professeure spécialisée sur les questions touchant les femmes estime que la transition doit se faire plus graduellement. Pas question pour elle d'imposer un virage technologique trop catégorique à ses étudiants.

«C'est avant tout un choix et une question de disponibilité. Face aux TIC, nous sommes des auto-producteurs. Donc, nous devons tout produire et répondre aux attentes suscitées par l'introduction de nouvelles méthodes d'enseignement. Et l'espace dans mon horaire personnel est limité», souligne Mme Côté.

Denise Côté Se disant néanmoins attirée par les possibilités offertes par les nouvelles technologies, elle a introduit certaines applications dans son approche pédagogique. Présentations multimédias, échanges de courriels, la professeur Côté s'est initiée au serveur de cours ERes en y créant sa page personnelle qui contient ses notes de cours. Elle a aussi fait quelques essais de cyberbavardage, sans toutefois explorer davantage ce nouveau médium.

Malgré ces progrès technologiques, elle ne tient pas à changer son comportement. «Je suis davantage axée sur les relations interpersonnelles. Le contact humain m'apparaît donc très important. Le mode de communication électronique me fait gagner du temps, mais ne remplace pas ce lien privilégié avec les étudiants.»

De plus, «l'encadrement de corridor» occupe une place primordiale à ses yeux. Les rencontres impromptues, les brèves conversations apportent beaucoup tant à la professeure qu'à ses étudiants. Pour l'instant, elle préfère transmettre de vive voix sa passion pour ses cours. Jusqu'à ce qu'elle trouve le temps souhaité pour s'investir à plein pour faire, elle aussi, plus de place aux TIC... ce qui se fera bientôt puisqu'elle doit travailler cet été pour mettre une partie de ses cours sur ERes.


L'infirmière et la santé : un site à découvrir

 

L'informatique et les nouvelles technologies de l'information (TIC) s'intègrent de plus en plus dans tous les secteurs d'activités. Et l'équipe de Francine DeMontigny et Suzanne Blais au Département des sciences infirmières a prouvé que Internet et promotion de la santé peuvent faire bon ménage.

Les infirmières de l'UQO ont en effet lancé l'an dernier, en collaboration avec l'Ordre régional des infirmières et infirmiers de l'Outaouais, un site Web intitulé L'infirmière et la santé. Un site qui s'ajoute à celui déjà développé depuis deux ans par ces mêmes infirmières et qui porte sur la formation offerte en sciences infirmières par l'université outaouaise.

Suzanne Blais, agente de stage au module des sciences de la santé, raconte que l'équipe a pris tout un virage technologique lorsqu'elle a décidé de plonger dans l'aventure virtuelle. «Nous ne connaissions rien en informatique et encore moins en multimédia. Mais nous voulions briser le mythe de l'infirmière qui n'est pas branchée et je pense que nous y sommes parvenues.»

L'infirmière
et la santé

Divisé en six sections (parents-bébés, enfant, adolescent, adultes, personnes âgées et infirmières), le site L'infirmière et la santé offre des informations et des conseils pratiques sur des sujets variés portant entre autres sur la discipline chez les enfants, la contraception, l'allaitement naturel et l'anxiété. Le tout est composé de chroniques, de résumés de lecture et même d'un jeux questionnaire à l'intention des adolescents.

Le site a déjà été primé et la professeure Francine DeMontigny a présenté cette réalisation à plusieurs reprises dans des conférences, notamment en Italie.

Mme Blais vante l'apport inestimable d'une étudiante en design à l'époque, Naïma Douf, qui en quelques heures et en quelques mots a saisi la touche plus humaine que les infirmières désiraient apporter à leur vitrine sur le net. «Nous voulions avant tout un site où toutes les infirmières se reconnaîtraient, soit un environnement reposant, attentionné, à l'image de notre travail», lance l'agente de stage.

Pour l'instant, souligne Suzanne Blais, l'équipe de l'UQO n'en est encore qu'à l'étape de la promotion du site et de la sensibilisation auprès des infirmières et de la communauté. Des groupes de parents d'enfants ont été approchés et ont été informés de cette nouvelle ressource. Un questionnaire est d'ailleurs disponible sur la page d'accueil pour recueillir les commentaires des visiteurs. L'objectif visé consiste à faire du site une référence utile pour toutes les infirmières et leurs clients.

Ce virage technologique des infirmières était nécessaire, selon Francine DeMontigny, dans un contexte où de plus en plus d'individus se réfèrent à l'Internet pour trouver de l'information sur leur santé. «Les nouvelles technologies et le Web ne remplaceront jamais l'empathie et le réconfort qu'une infirmière peut prodiguer à une autre personne. Cependant, il s'agit d'un complément et d'un outil de diffusion inestimable. Il suffit de s'en servir adéquatement», conclut Mme Blais


Une réalisation scientifique d'ici qui devient une percée mondiale majeure

La professeure en génie informatique, Marie Fontaine, a le succès modeste. Mais, elle et son stagiaire post-doctoral, Velko P. Tzolov, sont à l'origine d'une percée internationale importante dans le domaine de la recherche en communication tout-optique. Une de leurs conceptions révolutionnaires a en effet été mise en application, entraînant ainsi une reconnaissance de toute la communauté scientifique mondiale.

Il y a trois ans, en 1996, Mme Fontaine et son assistant proposait (Optics Communication (127), p. 7-13) le design théorique d'un élément optique intégré capable de contrôler efficacement les phénomènes de polarisation aléatoires de la lumière propres aux systèmes de communication par fibre optique.

Le comportement fortuit des états de polarisation constitue l'un des défis technologiques de l'heure à surmonter pour concevoir des systèmes de communication tout-optique intégrés. L'objectif est de parvenir à épurer les signaux optiques de toute distorsion occasionnée par les phénomènes de polarisation.

Or, voilà que l'élément proposé par l'équipe de la professeure Fontaine vient d'être réalisé expérimentalement par une équipe de chercheurs de l'Université Colombia dans l'État de New-York. Ces chercheurs ont profité de la 9e Conférence européenne sur les systèmes optiques intégrés, qui s'est déroulée à Turin en Italie à la mi-avril, pour dévoiler les résultats de trois ans de travaux. Ils n'ont pas manqué de souligner l'origine de leurs travaux, soit le concept du duo Fontaine-Tzolov.

Marie Fontaine

Aux dires des Américains, de tous les convertisseurs de polarisation réalisés au cours des dix dernières années, le design proposé par les chercheurs de l'UQO est, et de loin, le plus performant et le plus compact. L'idée de Mme Fontaine et de M. Tzolov est fort astucieuse: utiliser un seul guide d'ondes en matériau semi-conducteur avec une géométrie asymétrique pour orienter un des axes optiques de l'élément à 45 degrés.

La réalisation expérimentale de l'élément optique de l'Université américaine (en GaAs/AlGaAs) a été rendue possible grâce à une technique de photolithographie minutieuse mise au point par l'équipe de Colombia. Il faut dire que ces travaux se réalisent à une échelle infiniment petite. Le prototype américain est le plus petit convertisseur de polarisation intégré réalisé à ce jour : il est long de 170 microns, soit environ 1/6 de millimètre ! Mais, à petite cause grands effets, car en dépit de sa petite taille, ses performances sont très probantes. Une conversion de polarisation de près de 96 % a été observée.

Cette percée technologique pourrait avoir des retombées importantes dans le domaine de la communication tout-optiques. Un tel élément pourrait par exemple être intégré dans des réseaux de guides d'ondes tels les PHASAR (Phase Array Waveguides) conçus pour démultiplexer en longueur d'onde les signaux optiques transmis par des systèmes de communication optique multi-longueurs d'ondes.

Marie Fontaine poursuit ses travaux de recherche en misant sur les propriétés de non-linéarité du matériau semi-conducteur. Velko P. Tzolov, récipiendaire d'une bourse post-doctorale offerte par l'UQO de 1993 à 1995, est aujourd'hui directeur scientifique de la Compagnie Optiwave de Nepean.


Le Deuil, par Monique Séguin et Lucie Fréchette
Pour comprendre et apprivoiser la souffrance liée à la mort

Perdre un être cher constitue une expérience des plus éprouvantes. Anxiété, peine, culpabilité, colère, plusieurs émotions émergent. Pour mieux comprendre et surtout apprivoiser la souffrance liée à la mort, les professeures Monique Séguin et Lucie Fréchette publient Le deuil. Une souffrance à comprendre pour mieux intervenir, aux éditions Logiques de Montréal.

Lucie Fréchette, professeur en travail social et coordonnatrice du GÉRIS, indique que l'ouvrage permet de mieux saisir la douleur ressentie lors d'un deuil et de pouvoir offrir un soutien efficace aux personnes endeuillées. Les auteures analysent les comportements engendrés par le décès d'un proche. Elles explorent entre autres : les relations d'attachement entre les gens; les enfants face à la mort; la vulnérabilité aux problèmes de santé des personnes endeuillées; les différentes formes de deuil et l'intervention auprès des endeuillés.

Lancement de volume

Monique Séguin, directrice du module de psychologie, explique que le livre s'adresse principalement aux intervenants sociaux qui doivent apporter leur soutien aux personnes affligées par la mort d'un proche. Il s'agit de préparer ces intervenants aux sentiments qui peuvent habiter les personnes en deuil et de les sensibiliser aux modèles d'intervention possibles.

L'ouvrage est une réédition d'une version de 1995 des deux mêmes auteures. Les textes ont été revus et adaptés. Deux nouveaux chapitres ont été ajoutés soit celui sur les deuils traumatiques (chapitre 6) rédigé par Monique Séguin et celui sur les rites et rituels de deuil (chapitre 8) écrit par Lucie Fréchette.

Jean-Marc Ela, le sociologue et théologien africain en boubou


Yao Assogba rapporte une tranche de l'histoire de l'Afrique contemporaine

 

C'est une véritable tranche de l'histoire de l'Afrique contemporaine que le professeur en travail social Yao Assogba a rassemblé dans son livre Jean-Marc Ela, le sociologue et théologien africain en boubou, publié chez L'Harmattan.

Fruit littéraire d'entretiens entre l'auteur et le professeur Ela, l'oeuvre nous permet de découvrir la vie d'un des intellectuels les plus actifs du Cameroun. Depuis 1995, Jean-Marc Ela est en exil politique au Canada en raison de menaces de mort proférées contre lui. Il est actuellement professeur invité à l'UQAM, chargé du programme canadien de formation à la recherche pour le développement en Afrique.

«De par sa vie et de par son oeuvre, Jean-Marc Ela fait partie du patrimoine intellectuel de l'Afrique noire, de sa conscience morale et des luttes historiques, de ses populations pour vivre en dépit du destin, des calamités et des innombrables épreuves. J'ai voulu, par ces entretiens effectuées avec Jean-Marc Ela durant son séjour à Hull, que ce grand intellectuel Camerounais résolument engagé et de réputation internationale nous fasse lui-même son récit de sa vie à travers son itinéraire personnel et de ses trajectoires sociales», écrit en préface l'auteur.

Yao Assogba

Jean-Marc Ela raconte les luttes pour la survie, la liberté, la démocratie et la dignité humaine qu'il a menées aux côtés d'étudiants, des communautés paysannes du Nord-Cameroun, des jeunes, des femmes et des hommes des quartiers populaires de Yaoundé (la capitale), des intellectuels et des artistes camerounais depuis les trente dernières années.

À travers ce récit se dégage également ce que Yao Assogba a qualifié de «sociologie élanienne», c'est-à-dire une «sociologie africaine de la banalité», de la vie quotidienne du «monde d'en-bas», ces acteurs sociaux anonymes qui se battent pour la survie et qui construisent l'Afrique d'aujourd'hui. Jean-Marc Ela est, en outre, l'auteur de nombreux ouvrages publiés en langue française et traduits dans plusieurs langues étrangères. Il est aussi l'un des théologiens africains les plus respectés de son temps. «Du Nord-Cameroun à Yaoundé, du Cameroun son pays natal au Canada sa terre d'exil, Ela, par sa plume, ses prises de position sociales et politiques, traduit de manière engagée les rêves et l'histoire de l'Afrique noire contemporaine», souligne le professeur de l'UQO.


Boursier de l'Ordre des CMA

L'Ordre des comptables en management accrédités (CMA) a de nouveau honoré un des étudiants en comptabilité de l'UQO. Il s'agit de César Quintao qui reçoit donc une bourse de 1 000 $.

Boursier de l'Ordre des CMA

On aperçoit le récipiendaire entouré de messieurs Gilles Poirier, directeur du Département des sciences comptables, et Antonio De Felice, responsable des clientèles étudiantes de l'Ordre des CMA. 


L'UQO deuxième au concours d'excellence interuniversitaire

 

La délégation de l'Université du Québec à Hull s'est illustrée lors du Concours d'excellence interuniversitaire canadien, tenu à l'Université du Québec à Montréal à la fin du mois de mars dernier.

L'équipe hulloise, composée de Isabelle Doucet, Hugues Moniz et Annie Vigneault, s'est classée au deuxième rang, quelques points seulement derrière l'école des Hautes études commerciales (HEC). Le trio de l'UQO, encadré par la professeure Murielle Laberge du Département de relations industrielles, a ainsi remporté le prix de 2 250 $ et une cotisation gratuite à l'Ordre des conseillers en relations industrielles. Le troisième prix est allé aux représentants de l'Université Bischop.

Le Concours d'excellence interuniversitaire a réuni des participants de quatorze universités du Québec, de l'Ontario et des provinces maritimes. Il s'agit d'une occasion unique pour les étudiants participants de démontrer leurs connaissances, jugement, sens critique et esprit d'équipe par la présentation d'une étude de cas de gestion des ressources humaines devant un jury de spécialistes. 


Dernière heure

Un prix pour Thierry Karsenti

 

L'engagement de Thierry Karsenti pour l'utilisation des TIC dans le domaine de la formation est reconnu au niveau provincial.

Le professeur du Département des sciences de l'éducation est en effet l'un des récipiendaires des Prix du Ministre de l'Éducation pour son cours médiatisé. Il s'agit d'un concours annuel dont l'objet est d'encourager la création de matériel didactique en français destiné aux étudiants du premier cycle de l'enseignement universitaire.

Il vise à encourager le personnel enseignant à créer son propre matériel didactique en langue française, à faire reconnaître la qualité du matériel écrit, audiovisuel et informatique ainsi qu'à récompenser les meilleures créations. La remise des prix aura lieu le 31 mai prochain, à Montréal.

Nomination pour Denyse Côté

Il n'y a pas que les TIC qui nécessiteront des énergies de la part de Denyse Côté. La professeure en travail social vient d'être nommée co-présidente francophone du Bureau d'Agrément de l'Association canadienne des écoles de service social. C'est la première fois dans l'histoire de cette association qu'une représentante de l'UQO assume ce rôle.

Le Bureau d'Agrément a pour mandat de supervision les octrois d'agrément aux programmes de premier, deuxième et troisième cycles dans les universités au pays.